En lisant le Nouvel Obs aujourd'hui, je tombe sur cette information : la ministre de l'Intérieur va autoriser les Taser pour les polices municipales.
Comme il semble que le contexte social s'assombrisse de plus en plus, que les frasques de certains patrons soient de plus en plus hallucinantes (EADS, UIMM), que la précarité ne recule pas et que les violences urbaines s'attisent, l'approche du mois de novembre semble donner des idées sécuritaires à notre gouvernement. Le souvenir des émeutes de 2005 est encore vif dans les mémoires. Mais il faut se garder des jugements manichéens.
N'étant pas pour ma part partisan de l'angélisme gauchiste en terme de sécurité, je suis néanmoins réservé sur l'emploi aléatoire de ces armes douloureuses quand il s'agit de missions de police municipale, y compris évidemment sur l'emploi d'armes mortelles dites létales. Ces dernières sont des armes de dissuasion massive qui ne dissuadent en rien les malfaiteurs car ils savent qu'elles ne seront pas utilisées contre eux lorsqu'il s'agit de simples délits (et non de crimes). D'où l'idée de fournir des armes "utilisables", un permis de se défendre mais aussi de neutraliser en quelque sorte en dernière extrêmité.
Il faut que l'Etat fasse un choix : soit il donne à ses policiers des moyens d'être présents et efficaces sur les lieux des infractions et des délits qui pourrissent la vie de nos concitoyens, soit il confie aux polices municipales le soin de remplacer les polices de proximité que la gauche avait instaurées.
En définissant clairement un périmètre et des missions précises à cette police, on doit pouvoir en contenir les dérives. Entre ne rien faire, et laisser faire, il y a place pour une solution intermédiaire qui porte un nom : la mise en place d'une police de quartier. Elle intégrerait des agents officiels assermentés en charge essentiellement du renseignement. La répression devrait se limiter à l'administration d'amendes et à l'exercice d'une activité de service d'ordre qui n'a en rien à se substituer au bras armé de l'Etat.
En l'absence de l'Etat, je suis pour ma part, favorable à la fourniture de taser aux policiers municipaux en encadrant strictement les conditions d'usage mais en contrepartie en leur interdisant les armes à feu.
Et vous, qu'en pensez vous ?
